Chers étudiants, bonjour.
Pas de réponse ? Bien, vous apprenez vite.
Aujourd'hui nous allons étudier un aspect primordial de la propagande dictatoriale, à savoir la propagande en temps de guerre.
Car, ne nous leurrons pas, vous finirez forcément par entrer en guerre avec quelqu'un. Une nation voisine, des dissidents de l'empire dont vous vous serez emparés, ou vos voisins de palier, selon votre niveau de compétence.
La guerre est, bien entendu, le moment rêvé pour mettre en œuvre vos doux rêves de génocide global, mais je vous renvoie pour cela aux cours de notre vénéré directeur Bill Boquet ("de la machette au tapis de bombes : Le génocide à travers l'Histoire, études comparées") et de mon éminent collègue Etoile Rouge ("18 méthodes éprouvées pour génocider sans être ennuyé par le Tribunal Cybermondial"). L'aspect qui va nous intéresser, dans le cadre de ce cours sur la rhétorique génocidaire et démembrement des opposants par la voix, est la propagande : que faut-il dire en temps de guerre ?
Les étudiants appliqués ont certainement déjà acheté le fabuleux ouvrage nommé "le meilleur d'Edmond-Philogène", édité en 28 volumes aux éditions Le Petit Dictateur. Vous y trouverez, au chapitre "la deuxième Guidance de Bill Boquet : la participation décisive d'Edmond-Philogène", des exemples des choses à dire en période mouvementée, que ce soit guerre extérieure ou guerre civile. Ceux qui n'ont pas encore fait l'acquisition de cet ouvrage indispensable peuvent l'acheter auprès de moi pour la somme modique de 500 MO.
La guerre avec un ennemi extérieur est évidemment le cas de figure le plus simple, pour une bonne raison : l'étranger n'est pas comme nous ! Usez et abusez des préjugés du petit peuple non énarque dans vos multiples discours (car une propagande, pour être efficace, doit être martelée à une cadence élevée). N'oubliez jamais que la mesure, c'est pour les faibles. Vous êtes grand, vous êtes fort, vous avez fait l'ENA, inutile de vous encombrer avec ce genre de choses ! Affirmez que l'ennemi viole les vaches et mange les enfants, qu'il brule tout sur son passage, qu'il se livre à des expériences atroces sur la population, hurlez au génocide (cela vous permettra peut-être, au passage, de dissimuler le votre. N'hésitez pas à faire d'une pierre deux coups). A l'inverse, affirmez que les valeureux soldats de votre armée sont bons, généreux, et viennent en aide aux civils. Pensez à utiliser d'émouvantes photographies de soldat photogénique souriant à un petit enfant tout en lui donnant un bonbon. (En revanche, rangez soigneusement les photographies prises cinq minutes après montrant le village rasé à coups de bombes incendiaires dans votre album privé)
Pas de réponse ? Bien, vous apprenez vite.
Aujourd'hui nous allons étudier un aspect primordial de la propagande dictatoriale, à savoir la propagande en temps de guerre.
Car, ne nous leurrons pas, vous finirez forcément par entrer en guerre avec quelqu'un. Une nation voisine, des dissidents de l'empire dont vous vous serez emparés, ou vos voisins de palier, selon votre niveau de compétence.
La guerre est, bien entendu, le moment rêvé pour mettre en œuvre vos doux rêves de génocide global, mais je vous renvoie pour cela aux cours de notre vénéré directeur Bill Boquet ("de la machette au tapis de bombes : Le génocide à travers l'Histoire, études comparées") et de mon éminent collègue Etoile Rouge ("18 méthodes éprouvées pour génocider sans être ennuyé par le Tribunal Cybermondial"). L'aspect qui va nous intéresser, dans le cadre de ce cours sur la rhétorique génocidaire et démembrement des opposants par la voix, est la propagande : que faut-il dire en temps de guerre ?
Les étudiants appliqués ont certainement déjà acheté le fabuleux ouvrage nommé "le meilleur d'Edmond-Philogène", édité en 28 volumes aux éditions Le Petit Dictateur. Vous y trouverez, au chapitre "la deuxième Guidance de Bill Boquet : la participation décisive d'Edmond-Philogène", des exemples des choses à dire en période mouvementée, que ce soit guerre extérieure ou guerre civile. Ceux qui n'ont pas encore fait l'acquisition de cet ouvrage indispensable peuvent l'acheter auprès de moi pour la somme modique de 500 MO.
La guerre avec un ennemi extérieur est évidemment le cas de figure le plus simple, pour une bonne raison : l'étranger n'est pas comme nous ! Usez et abusez des préjugés du petit peuple non énarque dans vos multiples discours (car une propagande, pour être efficace, doit être martelée à une cadence élevée). N'oubliez jamais que la mesure, c'est pour les faibles. Vous êtes grand, vous êtes fort, vous avez fait l'ENA, inutile de vous encombrer avec ce genre de choses ! Affirmez que l'ennemi viole les vaches et mange les enfants, qu'il brule tout sur son passage, qu'il se livre à des expériences atroces sur la population, hurlez au génocide (cela vous permettra peut-être, au passage, de dissimuler le votre. N'hésitez pas à faire d'une pierre deux coups). A l'inverse, affirmez que les valeureux soldats de votre armée sont bons, généreux, et viennent en aide aux civils. Pensez à utiliser d'émouvantes photographies de soldat photogénique souriant à un petit enfant tout en lui donnant un bonbon. (En revanche, rangez soigneusement les photographies prises cinq minutes après montrant le village rasé à coups de bombes incendiaires dans votre album privé)
La légende doit être : "tiens petit, c'est pour toi". Nos vaillants soldats font une pause dans la poursuite de l'armée ennemie en débandade pour aider les populations locales.
Et non pas : "Bon, dépêche toi de prendre la photo, y'a les bombardiers qu'arrivent. Eh, pas touche morveux, c'est pas pour toi en vrai !"
Légender une photo, un art en perpétuel renouvellement.
Et non pas : "Bon, dépêche toi de prendre la photo, y'a les bombardiers qu'arrivent. Eh, pas touche morveux, c'est pas pour toi en vrai !"
Légender une photo, un art en perpétuel renouvellement.
Si l'ennemi est interne, dans le cadre d'une guerre civile, le but est d'assimiler le plus rapidement possible les rebelles à un empire étranger, voire à plusieurs, afin de pouvoir leur appliquer les règles de la propagande avec un ennemi extérieur. Affirmez que les rebelles agissent en sous-main pour l'étranger, prêtez leur des intentions d'une vilénie sans fond, produisez de fausses preuves montrant qu'ils reçoivent de l'argent et des armes d'un ennemi, affirmez qu'ils sont membres d'une secte particulièrement dangereuse prêchant la religion d'un empire étranger. Là encore n'hésitez pas à en rajouter et à inonder la population d'informations révoltantes sur vos ennemis.
Personne ne viendra démentir ce que vous dites, car vous aurez pris soin d'interdire les journaux. Seuls les dissidents chercheront à vous contrer, mais il vous suffira de les accuser d'émettre une propagande honteusement mensongère et de ne plus en parler par la suite.
La propagande a une autre règle simple en temps de guerre : vous gagnez.
Quoi qu'il arrive, même si vous devez crier pour couvrir les rafales de mitrailleuse qui résonnent dans le couloir à côté de votre bureau au cœur de la capitale, affirmez que vous êtes en train de gagner la guerre. Si, à un moment, vous admettez une défaite mineure, faites en sorte que cela serve à annoncer une glorieuse victoire, et donnez à cette défaite des motifs humanistes ("nos troupes se sont retirées de la zone pour ne pas blesser les civils que notre infâme ennemi utilise comme boucliers humains avant de les manger", par exemple)
Le principe habituel s'applique : aucune retenue. Annoncez des victoires éclatantes, des pertes faramineuses pour l'ennemi, clamez que l'ennemi se suicide plutôt que d'affronter vos troupes, insistez sur le moral indéfectible de vos hommes et la panique qui s'empare des monstrueux serviteurs de [insérez ici le nom de l'empire ou de la faction dissidente que vous combattez].
Transformez la prise d'un village de 18 habitants en une glorieuse avancée déterminante et la chute accidentelle d'un obus ennemi sur une de vos villes en tentative de massacre de civils, heureusement empêchée par vos vaillantes troupes, judicieusement guidées par votre main omnipotente.
N'hésitez pas à inventer des armées ennemies pour mieux les détruire dans une bataille grandiose (et purement imaginaire) par la suite.
La seule limite est votre imagination, et je l'espère fertile.
Enfin, je l'espère pour vous, parce que si le devoir que vous me rendrez sur ce sujet ne me plait pas, vous payerez douloureusement votre imagination défaillante.
A ce propos, le sujet est : "Vous êtes Autocrate de la Principauté Autonome Boquettienne Autoproclamée de Melun, première puissance cybermondiale selon vos dires. L'ennemi roubanais menace vos frontières. Trouvez huit arguments permettant d'affirmer que l'ennemi n'est même pas humain et ne mérite donc aucune pitié, puis trouvez un moyen de présenter le coup de fusil tiré en l'air par un douanier en victoire décisive sur une lâche offensive nocturne et sournoise fomentée par les Roubanais. Vous insisterez sur la justesse de votre cause, le soutien de la population et du Cybermonde entier, ainsi que sur l'imminence de la victoire totale".
Vous avez 8 minutes.
Personne ne viendra démentir ce que vous dites, car vous aurez pris soin d'interdire les journaux. Seuls les dissidents chercheront à vous contrer, mais il vous suffira de les accuser d'émettre une propagande honteusement mensongère et de ne plus en parler par la suite.
La propagande a une autre règle simple en temps de guerre : vous gagnez.
Quoi qu'il arrive, même si vous devez crier pour couvrir les rafales de mitrailleuse qui résonnent dans le couloir à côté de votre bureau au cœur de la capitale, affirmez que vous êtes en train de gagner la guerre. Si, à un moment, vous admettez une défaite mineure, faites en sorte que cela serve à annoncer une glorieuse victoire, et donnez à cette défaite des motifs humanistes ("nos troupes se sont retirées de la zone pour ne pas blesser les civils que notre infâme ennemi utilise comme boucliers humains avant de les manger", par exemple)
Le principe habituel s'applique : aucune retenue. Annoncez des victoires éclatantes, des pertes faramineuses pour l'ennemi, clamez que l'ennemi se suicide plutôt que d'affronter vos troupes, insistez sur le moral indéfectible de vos hommes et la panique qui s'empare des monstrueux serviteurs de [insérez ici le nom de l'empire ou de la faction dissidente que vous combattez].
Transformez la prise d'un village de 18 habitants en une glorieuse avancée déterminante et la chute accidentelle d'un obus ennemi sur une de vos villes en tentative de massacre de civils, heureusement empêchée par vos vaillantes troupes, judicieusement guidées par votre main omnipotente.
N'hésitez pas à inventer des armées ennemies pour mieux les détruire dans une bataille grandiose (et purement imaginaire) par la suite.
La seule limite est votre imagination, et je l'espère fertile.
Enfin, je l'espère pour vous, parce que si le devoir que vous me rendrez sur ce sujet ne me plait pas, vous payerez douloureusement votre imagination défaillante.
A ce propos, le sujet est : "Vous êtes Autocrate de la Principauté Autonome Boquettienne Autoproclamée de Melun, première puissance cybermondiale selon vos dires. L'ennemi roubanais menace vos frontières. Trouvez huit arguments permettant d'affirmer que l'ennemi n'est même pas humain et ne mérite donc aucune pitié, puis trouvez un moyen de présenter le coup de fusil tiré en l'air par un douanier en victoire décisive sur une lâche offensive nocturne et sournoise fomentée par les Roubanais. Vous insisterez sur la justesse de votre cause, le soutien de la population et du Cybermonde entier, ainsi que sur l'imminence de la victoire totale".
Vous avez 8 minutes.

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