vendredi 12 février 2010

La boite à Mwahaha©, ou comment assurer votre stature de méchant maléfique

Comment reconnait-on un vrai méchant ?
Il torture des chatons tous les matins ?
Il a génocidé des populations innocentes parce qu'il était de mauvaise humeur ?
Il a créé de nouveaux instruments de torture horrifique juste pour les essayer sur les paysans du coin quand il s'ennuie ?

Non !
Le vrai méchant, l'horrible, l'affreux, l'immonde seigneur du mal, se reconnait grâce à son rire démoniaque.
Ce moment d'hilarité maléfique se déclenche quasiment toujours après une phrase bien sentie et annonçant des atrocités prononcée par le génie du mal, car il se trouve très drôle et très intelligent.
Le rire se répand alors dans tout le sombre repaire du seigneur maléfique, rebondissant sur les murs en échos terrifiants et faisant frissonner les esclaves et les prisonniers suspendus tête en bas dans les oubliettes emplies de rats géants.

Toutefois, tous n'ont pas été dotés par la nature de la même capacité à produire ce rire malfaisant. Prenons comme exemple Kevin le Sombre, apprenti seigneur des ténèbres, dans sa forteresse imprenable perchée au plus haut d'une montagne (ce qui n'est pas sympa pour le facteur, mais il y a des standards à respecter).
Dans la salle du trône ou siège Kevin, occupé à dessiner les plans d'une guillotine à bout rond, fait irruption un serviteur.

- Maitre, maitre !
- Qu'y a-t-il, larbin ?
- Le preux paladin qui a juré de vous détruire fait route vers notre repaire, seigneur !
- Ah ! Il sera moins vaillant quand il verra quelles créatures j'ai invoqué pour garder la porte ! Hiiiihihihihihihihi !
- ...
- Quoi ?
- ...
- Pourquoi vous me regardez comme ça ? Du balai, allez !
- Euh... Oui, chef... enfin, je veux dire, tout de suite, ô seigneur des ténèbres...

Voyez comme ce seigneur du mal a gâché tous ses autres atouts (cruauté gratuite, plans machiavéliques, forteresse règlementaire) par son rire inadéquat !
Après ces événements tragiques, Kevin a été renversé par son bras droit puis écartelé.

Comme tout cela aurait été différent si Kevin avait été capable d'effectuer avec brio cet éclat de rire maléfique !

Mais rassurez-vous, apprentis mégalomanes cruels ! Car l'École de Népotisme et Autocratie, dans sa bonté infinie, a la solution !
Développée dans les centres de recherche en démoniaquerie moléculaire de l'École, la boite à Mwahahaha©, idée originale du professeur Sippi, permettra à tous ceux que leurs cordes vocales n'autorisent pas à lâcher de sonores rires maléfiques de s'appuyer sur les merveilles de la technologie énarque pour remédier à ce problème.
Réglable sur différents volumes, avec rire personnalisable (satisfaction sadique, joie vicieuse, etc.), cette formidable invention remplira merveilleusement ses fonctions.

Oubliés, les humiliants regards en coin que vous lancent vos subordonnés quand vous vous étouffez au milieu d'une tentative de rire !
Disparus, les bras droits qui s'entrainent à mwahahahater en secret le soir dans leur chambre dans le but de vous remplacer !
Terminés, les moments embarrassants ou le messager terrifié attend le rire démoniaque qui lui signifierait qu'il peut s'en aller !

Grâce à la boite à Mwahahaha©, vous serez enfin un seigneur du mal accompli !
Finies les situations malheureuses à fins tragiques comme celle vécue par Kevin !

A vous l'extase du rire incontrôlable se répandant dans toute votre forteresse d'une simple pression du doigt !
A vous le Mwahahahahatage décomplexé !

La section recherche et développement de l'ÉNA a également fait savoir à la rédaction du Bulletin des Élites que ses chercheurs travaillaient actuellement sur une machine permettant de combiner ce rire maléfique et la chute de la foudre non loin, permettant ainsi de renforcer l'impact inquiétant grâce à une roulement de tonnerre du plus bel effet.
Bientôt de nouvelles avancées spectaculaires dans la démocratisation de la domination maléfique ?



La boite à Mwahahaha© est simple d'accès : un simple Bac+8 en ingénierie électro-technique est requis pour pouvoir l'utiliser correctement


Le Bulletin des Élites dément par avance que cet article soit un publi-reportage réalisé en collaboration avec l'ÉNA.

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