vendredi 5 février 2010

Petit tour des locaux de l'Agence Transe Presse, florilège de mauvais exemples

La mode journalistique en ce moment, c'est la presse élitiste. Alors on pourra dire ce qu'on veut, que le Bulletin n'est qu'un fait de mode et qu'il disparaîtrai une fois l'attention des lecteurs déplacée de l'amour qu'ils portent aux détenteurs du pouvoir à la nouvelle chanteuse adolescente sur Evangelius Channel, mais le fait est que le Bulletin a créé cette mode, et qu'elle ne se dissipera qu'avec l'égo surdimensionné d'Edmond-Philogène - et encore. Les simulateurs et copieurs de style faisant foison dans ce Cybermonde de barbares, il n'a pas tardé à s'avérer qu'un nouveau journal, l'Agence Transe Presse, se déclare journal élitiste numéro 1, annonçant fièrement l'héritage qu'ils ont sûrement pillé des ruines fumantes de la Raison. La rédaction aime à penser que la copie est la meilleure forme de flatterie, mais s'il faut copier le Bulletin, nous exigeons que ce soit fait correctement. Voici un petit recueil des grotesques erreurs commises par le journal qui se dit champion en la matière.

Tout d'abord et puisqu'il faut commencer par ça, le nom n'évoque rien. L'Agence Transe Presse, dont les initiales forment un acronyme que l'on pourrait facilement identifier avec un club sportif du troisième âge (piscine ouverte pour les femmes seulement le mardi après-midi), n'implique pas d'émotion de peur ni de respect. D'ailleurs, dans les trois mots qui composent le nom officiel de l'association, deux sont mondains et appartiennent au jargon journalistique, alors que le troisième, "transe", est aussi ambigu que dispensable. Le ratio 1/3 est totalement insuffisant pour l'industrie de l'élite, qui impose un ratio minimum d'1/2, comme par exemple, dans le Bulletin des Élites, qui a au moins la perspicacité d'annoncer clairement la couleur au lecteur baveux et si vert de jalousie qu'on s'en inquiéterait pour son foie. D'autres exemples de noms potentiels, La Bibliothèque Privée du Club des Gentleman, qui propose un très bon ratio de 3/4, ou encore La Librairie des Riches Héritiers, avec 2/3. L'Agence Transe Presse, par contre, a choisi délibérément de concourir dans la division inférieure, entre Le Journal de l'Apéritif et Contre-Pouette Chez Tatie. Même Dark Picsou Magasine fait mieux, c'est dire. Si l'on ajoute à cela le choix de paraître en Théocratie Seelienne, ce qui, même si l'édition se veut internationale, réduit automatiquement le lectorat, au lieu de l'Empire Brun, dont l'Empereur fait quasiment partie de la maison mère du Bulletin, il ne faut vraiment pas creuser bien profond pour se rendre compte que la volonté de l'ATP de paraître élitiste part sur de bien mauvaises bases.

Le mode de recrutement est également contraire à l'idéologie élitiste qui contrôle le marché du journaliste. Mirabelle d'Ambre, qui dirige la feuille de chou, laisse écrire absolument n'importe qui, sans demander de certificat de naissance dans une bonne famille, de carte de membre aux clubs les plus prestigieux, sans même frais d'entrée, m'a-t'on dit. Autrement dit, on pourrait être fils de PDG d'une entreprise avec moins de 500 employés et quand même écrire pour l'Agence, à faire des remarques sur les gueux et les Séraphins, alors qu'on n'en est soi-même pas bien loin. Un scandale, vous dis-je, un scandale. Et ça s'annonce élitiste, alors que la plupart des membres actuels de l'Agence Transe Presse apposent de fausses particules à la fin de leur nom pour faire semblant de pouvoir rivaliser avec le staff du Bulletin. Ils auraient bon goût d'avoir au moins la décence de la créativité, et de mettre quelque chose après les particules. Ce ne sont pas les "de", "du" ni autre "d'" qui comptent, mais bien ce qui vient après. Et même si on a pensé la veille en se brossant les dents à mettre un nom qui parait convenable, il eut fallu y réfléchir un peu mieux. "De la Brossarelouïre", "de Adamastor", vraiment ? Quel manque d'imagination. Allez, avouez : vous vous appelez Jean-Paul Blette, ou autre nom insipide. Avouez. Je note aussi que cette chère (ou bien shere, comme elle se plaît à le prononcer dans son effort qu'elle seule comprend de paraître élitiste) prend soin de recruter des stagiaires avec des noms comme Albert-Romuald. Vraiment, mademoiselle d'Ambre ? Vous auriez pu cacher un peu mieux votre jalousie du Bulletin, qui a la chance d'avoir en son sein deux kangourous, Edmond-Philogène le fuchsia, et Horace-Firmin le magenta, qui ont quasiment le monopole des noms doubles à rallonge. C'est un peu trop voyant.

Parlons maintenant du contenu puisque le contenant est discuté. Vous trouverez dans le Bulletin des Élites, des textes en majorité éducatifs qui servent aux professeurs de l'ENA à faire leur cours sans avoir à rencontrer leurs élèves, afin de ne pas s'attacher à des visages qui dans 90% des cas, vont mourir une semaine plus tard. Ce sont des textes pratiques, applicables, qui visent le jeune dictateur qui se pose des questions. Rarement vous y verrez des informations sur le monde de tous les jours, sauf circonstance exceptionnelle, comme par exemple l'adoubement au poste d'Empereur un protégé de l'ENA. La presse mondaine est si courante, si pédestre, si cavalière. Si vous tenez à vous informer de l'actualité, autant lire Le Cybermonde, Le Barbier ou bien, puisqu'on en parle, l'Agence Transe Presse. Quel ingrat métier que celui de journaliste, lorsque l'on doit s'arracher les yeux à lire un journal comme celui ci pour en faire un rapport, et que l'on trouve, entre deux annonces de chiens écrasés et un résumé du mariage de la dernière actrice à la mode, une toute petite once d'information valable et élitiste. C'est dur, vous comprenez, de se penser si proche d'un compétiteur, et de tomber de si haut en se rendant compte qu'au fond, le contenu de l'ATP est aussi intéressant que la dernière (et prochaine) guidance de Fabrak. Mademoiselle d'Ambre je vous le demande, comment faire de l'élitiste lorsqu'on parle de choses mondaines ? Et puisque l'on a déjà vu que vos employés ne sont que figurants dans le monde de la jet-set internationale, sur quoi vous reposez vous pour boucler votre ceinture éditoriale ? Les grands mots, les tournures de phrases ? Même là, vous devriez écouter un peu mon demi-frère.

En résumé, mademoiselle d'Ambre, vous devriez venir prendre des cours de journalisme à l'ENA. Le Bulletin des Élites se fera un plaisir de liquider votre staff, et je veillerai personnellement à ce que vos frais d'éducations soient levés. Mais s'il vous plaît, arrêtez d'écrire des âneries dans ce torchon, vous faites insulte à la presse élitiste. Enfin, vous feriez insulte, si nous n'étions pas si haut dans notre tour d'ivoire.


* Horace-Firmin, descend les poubelles !




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